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17/11/16

Communiqué de Presse

Le Dispensaire et Pharmacie Social d’ Athènes  (D&PhSd’A) participe activement aux efforts de faire face à la couverture des soins médicaux pour les refugiées en Attique depuis Septembre 2015. Par le biais des médecins bénévoles et solidaires, le D&PhSd’A offre de l’assistance sociale, canalise les refugiées à des hôpitaux et cliniques précis aux seins du réseau de la Santé publique et fait des donations en matière des médicaments. En plus les membres du  D&PhSd’A prennent part systématiquement afin de combler les lacunes aux centres de l’hébergement ouvert pour les refugiées et plus spécifiquement de minimiser les demandes exceptionnelles quant à  l’assistance sociale, médicale ou autre. Ils ont aussi participé aux activités de l’ «Initiative pour le port du Pirée».

Entre Octobre 2015 et Septembre 2016 le D&PhSd’A  a fait face aussi aux besoins en matière des médicaments, produits de santé et de première nécessité, du lait pour bébés, articles pour les enfants et plus spécifiquement aux centres d’ hébergement ouverts  à Galatsi, Elaion, Hellinikon, Schistos, Skaramanga, Elefsis aussi qu’ aux centres de détention  de Petrou Ralli et Amigdaleza (Attique). Des victuailles étaient offertes également à l’Auberge de Soins pour les Enfants aussi qu’aux refugiées qui étaient installés au Parc du Mars (Centreville) en été 2015. Organisations solidaires de l’Allemagne, de la France, du Royaume Uni, de la Belgique et de Suisse ont réuni des fonds pour acheter les articles nécessaires et les offrir aux structures appropriées. Les associations solidaires d’Athènes, les patients et les bénévoles  du D&PhSd’A  ont aussi ramassé des médicaments. Ces dons pour les refugiées par le biais du D&PhSd’A  ne cessent pas, ainsi que nos efforts pour appuyer des êtres humaines qui en ont besoin.

Pendant ces douze mois nous avons acheté et transporté au réseau de l’hébergement totalement plus que 18.500 boites de  médicaments, 21.000 articles de santé, 1.000 articles de première nécessité, 200 kilos des fruits, 2.800 boites de lait pour bébés et 900 articles pour les enfants. En plus, 80 boites de matériel hospitalier était transportées à divers services de la santé publique d’Attique. 

 

 

Juin 2016

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Qui sommes nous?

 

Nos derniers évènements :

  1. Notre évènement à la une: dans la rubrique activités retrouvez :  » Pour une caravane militante » ou simplement en cliquant ici
  2. autre évènement : dans la rubrique activités LA TOURMENTE GRECQUE, chronique d’un coup d’état un film de Philippe MENU ou simplement en cliquant ici
  3. Déclaration commune des collectifs solidaires avec le peuple grec du 20 février 2016  dans la rubrique activité ou en cliquant ici

 

Qui sommes nous?

L’ association Bretagne Grèce Solidarité Santé  a pour objet de :

– créer des solidarités actives en Bretagne et dans l’ouest de la France avec le peuple grec dans le domaine de la santé.

– collecter des ressources financières, des matériels et dispositifs médicaux ainsi que tout autre produit permettant d’améliorer les conditions sanitaires du peuple grec.

L’association se compose d’associations, d’organisations politiques, d’organisations syndicales et de personnes physiques.

 

 

 

 

GRÈCE : LA SOLIDARITÉ POUR SEULE ARME CONTRE L’ AUSTERITÉ

En direct de l’Europe par Anja Vogel dimanche 22 novembre 2015

Des professionnels de la santé bénévoles soignent un nouveau-né afghan dans un centre d’accueil pour réfugiés à Athènes © Anja Vogel

Alors que le gouvernement et le parlement grecs ont adopté cette semaine de nouvelles mesures d’austérité en échange d’un nouveau prêt, la solidarité s’organise. Dans les dispensaires sociaux auto-gérés, dans les lieux d’accueil pour réfugiés, des professionnels de la santé, bénévoles pallient l’incapacité de l’État à protéger les près de 3 millions de personnes exclues de la sécurité sociale.

Depuis le début de la crise il y a cinq ans, la Grèce a vu son système d’assurance sociale se désintégrer par la chute brutale des fonds publics.

Dans le domaine de la santé, les moyens et les salaires ont baissé de manière drastique

Ce qui a déjà provoqué la fermeture de nombreux services hospitaliers et une fuite massive de médecins vers l’étranger, alors que le nombre de malades ne cesse d’augmenter.

Les prix de journée des hôpitaux publics et privés sont désormais remboursés par les caisses d’assurances avec des retards de plusieurs mois, autant que les actes des praticiens privés… pour ceux qui sont encore assurés.

Les départs de personnels ne sont pas remplacés

Les médicaments essentiels comme les vaccins, les traitements anti-cancéreux, les psychotropes et les anti-diabétiques manquent cruellement, entrainant un nombre incalculable de morts prématurées par défaut de soins.

La tuberculose et le sida progressent. Les taux de dépression, de pathologies mentales et de toxicomanies sont en augmentation. De plus en plus de familles démunies n’ont comme dernier recours que de placer leurs malades en hôpitaux psychiatriques, -s’ils y trouvent de la place-, dans près de 50% des cas, contre leur gré.
Dans ce contexte de désintégration sociale et de chômage, les suicides ont connu une hausse considérable de près de 30% entre 2008 et 2011. Les violences intra-familiales explosent.

Face à cette situation humanitaire dramatique, de nombreux professionnels de la santé ont pris les choses en main pour pallier les carences de l’État et aider les plus fragiles. Une cinquantaine de dispensaires et de pharmacies auto-gérés ont vu le jour à travers la Grèce, dont la plupart organisés en réseau.

Des centres d’accueil pour réfugiés sont installés

Par exemple dans les anciens locaux des Jeux olympiques en banlieue d’Athènes. Des médecins généralistes, des pédiatres, des infirmières, des pharmaciens, parfois retraités, y assurent des permanences, bénévolement.

La générosité des Grecs fait le reste

De toutes part les dons matériels affluent : de la nourriture, des vêtements, des couches, des médicaments, redistribués aux près de 3 millions d’exclus de la sécurité sociale, aux réfugiés -pour la plupart syriens ou afghans- qui viennent faire soigner leurs enfants et prendre le nécessaire avant de reprendre la route vers «l’Europe»… vers une vie qu’ils espèrent meilleure.

Selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés, plus de 800.000 personnes ont traversé la Méditerranée pour rejoindre l’Europe en 2015, dont la très grande majorité -670.000- est passée par la Grèce et les îles de la mer Égée. 3.500 sont mortes ou portées disparues. Un drame aussi pour les habitants de ces îles, impuissants et traumatisés à la vue des cadavres échoués sur leurs plages.

Pour le seul mois d’octobre, malgré les mauvaises conditions météorologiques, 210.000 personnes sont arrivées en Grèce

En majorité à Lesbos, principale porte d’entrée des réfugiés en Europe. L’île, débordée, continue en ce mois de novembre d’enregistrer 3.300 arrivées en moyenne par jour.

Cette situation a encouragé le développement d’initiatives solidaires, localement et internationalement, comme celle du collectif Solidarité France Grèce. Dans cet élan, une vingtaine de professionnels de la santé français, membres notamment du Syndicat de la Médecine Générale et de l’Union Syndicale de la Psychiatrie, se sont rendus pour la deuxième fois cette année sur place. Impressionnés par l’efficacité des réseaux d’entraide, qu’ils considèrent comme un modèle reproductible dans toute l’Europe, ils mettent aussi en garde : leur vitalité risque de favoriser un désengagement encore plus important de l’État, dont les effets frapperaient une fois de plus les plus démunis.

 

8 Sept 2015

GRÈCE : UNE CLINIQUE SOLIDAIRE AU CHEVET DES VICITIMES DE LA CRISE

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En Grèce, plus de 2,5 millions de personnes se retrouvent aujourd’hui sans assurance maladie. Alors que le système de santé publique a été sacrifié sur l’autel de l’austérité, des pharmacies et cliniques solidaires tentent de faire face à cette crise sanitaire. Reportage au dispensaire d’Iktinou, à Athènes.

Un stéthoscope formant un cœur. Tel est le symbole de la clinique solidaire de la rue Iktinou, située à deux pas de la mairie, en plein centre d’Athènes. C’est là, au troisième étage d’un immeuble sans âme des années 70, que le dispensaire a ouvert ses portes il y a trois ans.

En ce vendredi après-midi, une dizaine de personnes attendent dans un couloir sombre que le centre ouvre ses portes. Il est 13h30. Lorsque l’on pénètre à l’intérieur, plusieurs malades patientent sur des chaises, leurs ordonnances à la main, dans une salle d’attente moderne et claire, dont la propreté tranche avec la vétusté du corridor.

« Des hôpitaux ont fermé dans tout le pays »

« L’austérité sans précédent que connaît la Grèce a eu des répercutions tragiques sur la santé publique », déplore Kostas Kokossis, 65 ans, coordinateur de la polyclinique. Ancien haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères, cet homme au calme olympien fait partie de ceux qui ont créé la clinique solidaire d’Iktinou, en 2012.

« 2,5 millions de personnes n’ont plus de sécurité sociale. Des hôpitaux ont fermé dans tout le pays, y compris dans les îles, ce qui est très problématique pour les habitants », explique-t-il dans un français parfait. Une situation particulièrement grave dans la région d’Athènes, où se concentrent les deux tiers de la population grecque.

Kostas Kokossis, ancien haut fonctionnaire, est un des coordinateurs de la clinique solidaire -

Face à l’effondrement du système de santé publique, une quarantaine de cliniques autogérées et gratuites ont ainsi vu le jour à travers le pays. Celle d’Iktinou est soutenue par la fondation Solidarity4All, créée par des députés du parti SYRIZA. Si les élus s’engagent à verser 10% de leur salaire à la fondation, cette dernière reste néanmoins indépendante du parti d’Alexis Tsipras.

« C’est une initiative de citoyens volontaires, nous ne sommes pas une ONG », appuie Kostas Kokossis. Il existe d’ailleurs d’autres initiatives que Solidarity4All, comme ces programmes d’aide médicale pilotés par l’Église Orthodoxe en collaboration avec des médecins.

La crise syrienne impacte la clinique

Rue Iktinou, la moitié des patients qui viennent au dispensaire sont étrangers. « On ne demande pas de papiers, on ne fait pas de différences entre Grecs et étrangers », assure Kostas Kokossis. Des Albanais surtout, mais aussi des Égyptiens, des Pakistanais, des Libanais et, bien sûr, un nombre toujours plus important de Syriens.

Alors que la Grèce constitue l’une des principales portes d’entrée vers l’Europe de l’ouest, la situation est devenue critique. Des milliers de réfugiés syriens sont transférés des îles de la mer Egée vers des foyers humanitaires établis aux alentours d’Athènes et de Thessalonique.

Une bénévole sélectionne des médicaments dans la pharmacie - © William Gachen

« On ne pouvait pas rester les bras croisés, alors nous avons pris la décision d’envoyer des médicaments de notre pharmacie vers ces centres, comme celui d’Amigdaleza, au nord de la capitale », confie le coordinateur. Les réactions xénophobes ? Kostas Kokossis assure qu’elles sont très rares. Il en veut pour preuve les élections du 20 septembre, où le parti néo-nazi Aube Dorée, qui comptait surfer sur la crise migratoire, n’a récolté que 7% des voix. Mais les difficultés d’approvisionnement en médicament, elles, continuent de s’aggraver.

Dons de médicaments

À la clinique, dans une salle improvisée en pharmacie, des boîtes de remèdes sont empilées sur des étagères et une grande table. Deux bénévoles s’activent : pendant qu’une femme aux cheveux blancs enregistre les prescriptions dans un ordinateur, une autre accueille les malades, prend leur ordonnance et sélectionne les boîtes dans la pharmacie.

La provenance de ces traitements ? « La quasi-totalité sont des dons d’inconnus ! Chaque matin, devant l’entrée, on trouve des sacs plastiques contenant des médicaments. Parfois, des gens nous appellent pour nous proposer des boîtes non utilisées, venant de personnes décédées par exemple », répond Kostas Kokossis. Plusieurs sacs ont d’ailleurs été déposés dans la pharmacie, en attente d’être ouverts et triés. Un bel exemple de solidarité dans un pays où le prix des remèdes a flambé – les Grecs doivent parfois débourser 25% du prix de la boîte, contre 5% avant la crise.

Pharmaciennes

Pour autant, certains produits rares doivent être achetés directement par la clinique. C’est là que le fond d’urgence de Solidarity4All entre en jeu. Tout comme la solidarité internationale : « Le loyer de notre clinique est payé par des donateurs français !, lance Kostas Kokossis dans un sourire. Le matériel pour la cardiologie et les soins dentaires vient d’Allemagne et d’Autriche ».

Mais, faute de moyen, la clinique solidaire se limite pour l’heure aux soins de premier secours. Elle a donc noué des contacts avec des médecins spécialistes qui acceptent de recevoir des malades sans ressources, la clinique finançant un nombre limité de consultations.

Les bénévoles, ces « héros ! »

La polyclinique sociale fonctionne grâce à des médecins bénévoles : généralistes, cardiologues, pneumologues, neurologues, dentistes et même psychiatres. « La crise a aussi des conséquences sur la santé mentale, des gens tombent en dépression suite à la perte d’un travail ou de ruptures familiales », se désole Kostas Kokossis. En tout, quatre-vingt bénévoles travaillent ici.

Aujourd’hui, c’est le dentiste qui enchaîne les interventions. Grand gaillard de 26 ans, Konstantinos Panagiotopoulos [photo de Une, ndlr] a revêtu sa blouse bleue et s’est coiffé d’un bandana bariolé. Il arbore un grand sourire, même si la crise, il connaît : « Je suis moi-même au chômage depuis un an. J’ai choisi de devenir bénévole pour être utile et ne pas perdre la main. Je devais agir ! », lance-t-il entre deux patients. Si certains de ses confrères ont préféré s’exiler au Royaume-Uni, Konstantinos fait aujourd’hui partie des onze dentistes solidaires de la clinique, où il exerce deux fois par semaine, de 11h à 17h.

Pendant ce temps là, dans la salle d’attente, une autre bénévole note les rendez-vous dans un grand registre. « Je m’occupe du volet administratif », explique Nasia Athanasiou. La soixantaine, cette ancienne guide touristique s’est engagée bénévolement dès l’ouverture de la clinique, parce qu’elle estime que « tout le monde doit être solidaire ».

Quant aux malades, ils attendent calmement leur tour. Hommes, femmes, enfants de tous âges, Grecs ou étrangers : le public est divers. Parmi eux, Loutsi, un petit homme trapu et chauve, vient depuis deux ans pour des problèmes cardiaques. À 62 ans, il a perdu sa couverture santé. Avant, il travaillait dans la construction de piscines. C’est par des collègues qu’il a appris l’existence de ce centre. Et quand on lui demande ce qu’il pense des bénévoles, il déclare sans détour : « Ce sont des héros ! Ils sont indispensables pour vivre ! ».

Loutsi, 62 ans, a perdu sa couverture sociale depuis 2 ans - © William Gachen

Au moment de quitter la clinique solidaire, on remarque une affiche intitulée « L’Appel des Résistants ». Rédigée en français, elle incite la population à défendre les principes du Conseil National de la Résistance de 1945. Parmi eux, l’éducation, les droits sociaux mais aussi la santé. La fameuse Sécurité Sociale pour tous. Un droit fondamental désormais menacé, ici en Grèce, en 2015.

William Gachen, à Athènes

source: http://the-dissident.eu/8358/grece-une-clinique-solidaire-au-chevet-des-victimes-de-la-crise/

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